Urgence climatique



"La science nous dit qu'avec notre trajectoire actuelle, nous devons faire face à un réchauffement global d'au moins trois degrés Celsius d'ici la fin du siècle. Je ne serai pas là, mais mes petites-filles le seront. Et vos petits-enfants aussi. Je refuse d'être complice de la destruction de leur maison et de leur seule maison". SG ONU – Sommet Climat – 2019"

Le changement climatique représente aujourd’hui l’un des principaux dangers obérant les perspectives de développement durable des États. « L’Accord de Paris » est la réponse collective que les Parties à la Convention Climat de l’ONU (CCNUCC) ont adoptée, le 12 décembre 2015 afin de limiter la hausse de la température globale ainsi que les effets néfastes du dérèglement climatique. Dans sa phase d’application initiale qui s’étend de 2021 à 2030, l’accord stipule que les États mettront en œuvre des contributions déterminées au niveau national (CDN) qui participeront à la transformation des économies vers un développement plus sobre en carbone et plus résilient face aux impacts climatiques.


Cependant, l’objectif fixé par l’Accord de Paris pour sauver l’humanité d’une calamité climatique est loin d’être atteint, au regard de la sommation des engagements pris par les pays à travers leurs CDN. Les pays, les villes, les territoires et les entreprises sont vivement encouragés à revoir à la hausse leurs niveaux d’ambition de réduction des émissions de GES. C’est l’enjeu majeur de la COP 26 qui devra permettre de lever des options claires pour infléchir significativement la trajectoire catastrophique actuelle vers une baisse sensible des émissions et ainsi parvenir à maintenir les hausses de température à 1,5°C, seuil tolérable pour la survie de l’humanité.


La République démocratique du Congo s'est résolument engagée dans une participation accrue à l'effort mondial pour l'environnement et le climat. Elle est présente à tous les rendez-vous internationaux et a souscrit aux principaux traités multilatéraux visant à construire un monde plus vivable et plus viable pour les générations présentes et futures. En 2015, à l’instar d’autres États, la RDC a signé l’Accord de Paris dont la ratification a été rendue effective par l’adoption du parlement de la Loi n°17/009 du 21 novembre 2017. Conformément à l'article 215 de la constitution, les traités et accords internationaux régulièrement conclus ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois nationales. Ces engagements internationaux constituent ainsi une contrainte consentie par le pays d’hypothéquer une partie de la souveraineté qu’elle exerce sur ses ressources naturelles, au profit du bien-être de la planète.


Si les priorités du pays restent la lutte contre la pauvreté, la paix et la sécurité, l'état de droit et le développement des infrastructures de base, le gouvernement de la RDC est conscient des enjeux climatiques, des menaces de l'inaction ainsi que des opportunités que l'action climatique représente. La RDC est classée en 4ème position des pays les plus vulnérables au changement climatique, et rien qu’en 2020, on estime que 200.000 Congolais ont été impactés par les catastrophes naturelles liées au climat. Les impacts des changements climatiques se vivent au quotidien dans pratiquement toutes les régions du pays, variant entre les érosions côtières, inondations, sècheresses et menace de désertification. Une étude a relevé que la vulnérabilité au changement climatique en RDC reste faible en termes de facteurs physiques mais élevée en raison de la vulnérabilité socioéconomique des ménages et des communautés.


Parmi les facteurs aggravant il y a la pauvreté, la démographie, les mauvaises pratiques culturales, la mauvaise gouvernance et les conflits dans diverses régions. Les femmes sont la couche sociale la plus exposée aux risques climatiques, en raison de leur plus grande dépendance vis-à-vis des ressources liées au climat. Il s’impose l’urgence de trouver une approche innovante d’adresser les défis climatiques, permettant à la fois d’atténuer les émissions nationales issues à 94 % des secteurs d’UTCATF, lutter contre la pauvreté et la vulnérabilité des communautés, autonomiser et renforcer la résilience socioéconomique des femmes et améliorer la gouvernance. C’est une priorité socioéconomique et sécuritaire de conserver et augmenter nos forêts à travers des actions efficaces d’atténuation et d’adaptation climatique. C’est à ces défis que répond le programme 1 milliard d’arbres, qui est l’une de principales promesses politiques au niveau national et international du Chef de l’Etat en matière de climat et environnement.




Une forêt vitale en péril




Solution climat pauvreté